Conseils et recommandations dédiés aux éleveurs souhaitant travailler avec des Norvégiens ambre

« Couleur très chaude et encore méconnue en France donc nouvelle pour une majorité, l’ambre va en intéresser plus d’un assurément. Toutefois quelques précautions s’imposent. Elle a semé et sème toujours des doutes depuis 92, en partie parce qu’elle présente des interactions très particulières avec les autres allèles de couleurs du chat. En débutant dans l’élevage, commencez avec des couleurs plus simples ou faites-vous épauler de personnes compétentes autant en élevage que pour la détermination des couleurs. En aucun cas, l’ambre ne doit devenir un phénomène de mode, elle nécessite encore plus de travail qu’une sélection autour des couleurs classiques et cette sélection doit prioritairement concerner le type et préserver les caractéristiques qui font du Norvégien une race naturelle : fourrure, robustesse, ossature ... Un des premiers objectifs de l’ambre en France est d’élargir le pool génétique en mariant des chats ambre venus essentiellement d’Allemagne de lignées stables aux lignées françaises. Au long terme le but à atteindre serait de répandre cet allèle de couleur pour qu’il devienne aussi « naturel » que l’allèle récessif de dilution par exemple. Evitez les mariages avec beaucoup de blanc, notamment entre des Norvégiens bicolores, arlequin ou van, qui portent l’ambre et qui pourraient donc donner naissance à des chatons ambre arlequin ou van dont l’identification de couleur serait rendue difficile. Certaines robes ambre revêtent une teinte plutôt abricot ce qui peut causer quelques difficultés de diagnose de couleur notamment pour les chattes ambre torbie sans blanc quand les plages orange sont rares et se confondent dans les régions fauves (voire chez les chattes ambre torbie avec blanc). Il est donc déconseillé pour des personnes inexpérimentées en élevage de travailler avec de l’ambre et la couleur orange. Une alternative possible est de garder pour l’élevage un chaton qui sera porteur d’ambre mais sans porter l’allèle orange. Par exemple, sur la descendance d’une femelle ambre avec un mâle orange, privilégier le meilleur mâle aux femelles qui seront toutes écaille. De la même façon, les personnes inexpérimentées et ne travaillant pas dans un cadre d’élevage bien délimité devraient éviter de sélectionner silver et ambre ou ticked et ambre. Il en est de même avec le blanc uniforme. L’élevage des Norvégiens blancs est déjà suffisamment compliqué pour ne pas encore ajouter les difficultés liées à la couleur ambre. Dans l’idéal un débutant devrait donc commencer avec des chats ambre tabby, dilué ou non, avec peu ou sans blanc. La couleur ambre solid nécessite également une attention particulière et beaucoup d’observations pour l’identifier sur un jeune chaton. La confusion avec le black (silver) tabby est fréquente, même pour les éleveurs chevronnés. Eviter également de marier les individus ambre avec des Norvégiens de couleur classique qui revêtent ou transmettent des couleurs indéfinissables (par exemple, mauvais silver). »

Cette note diffusée par le LOOF a pour unique objectif de brider l’imagination débordante des nouveaux éleveurs qui souhaiteraient se spécialiser dans l’élevage de l’ambre clair tortie smoke et van (j’ai rencontré de telles « destinées » au cours de mon parcours … sans commentaire) et d’aboutir à un chat, poil long, d’une drôle de couleur, qu’on affublerait du terme de Norvégien. Ces recommandations constituent une synthèse de mon ouvrage scientifique qui a apporté la reconnaissance LOOF de l’ambre en France. Issues d’un travail comparatif mené sur plus de trois années, lors de plusieurs voyages en Allemagne, et sur de nombreux Norvégiens ambre d’âge et de combinaisons alléliques différentes (de visu et non pas sur photo), je bénéficie en outre des conseils précieux et avisés de Christa UTESCHENY, pionnière de l’ambre au-delà des frontières. Cette éleveuse de renom n’a pas le recul de seulement deux portées d’un même mariage, mais le recul de plus de 10 ans sur plusieurs lignées X-Color différentes et d’autant d’années d’élevage et donc de « sagesse » que les « plus vieux » de France, si tant est que la sagesse sache s’exprimer en années d’élevage, ce dont on pourrait parfois douter.

La distinction entre ambre et orange chez une chatonne ambre torbie est certes parfois facile, mais très souvent difficile : tout dépend du fond de robe, de la quantité et répartition de l’orange, de la présence de blanc. Il en est de même pour le silver et les autres allèles de couleur, l’ambre est une mutation qui fonctionne complètement différemment des mutations du même type dans les autres espèces animales. Des éleveurs qui travaillent avec ces lignées depuis plus de 10 ans se font encore piéger dans le déterminisme des couleurs, alors pourquoi devrions nous, misérables débutants français, nous croire investis de suprématie divine sur ces difficultés ? J.E. Madsen, clé de voûte de cette race pour certains, avait déjà suggéré à l’époque de la reconnaissance FIFe de débuter prudemment en ne reconnaissant les « variantes » qu’au fur et à mesure, même si sur un plan pratique c’était tout simplement inconcevable et impossible à réaliser. Non pas que ces recommandations veuillent orienter le Norvégien ambre vers un type de couleur géométriquement et spectrographiquement bien définie et contraire aux fondements de son standard, mais simplement avertir et éviter les débordements d’apprentis sorciers qui ne reconnaîtraient pas ces couleurs ensuite et que les juges auraient tout autant de difficultés à reconnaître, surtout à l’âge adulte.

Cette notice n’est certes pas le 11ème commandement, mais ces conseils ont leurs bases scientifiques et empiriques qui n’ont pas attendu que l’ambre atterrisse dans l’Hexagone, pour être d’actualité chez les éleveurs FIFe étrangers ! Entendre crier à la négation et me souvenir de la confusion entre ambre tabby et ambre torbie avec ou sans blanc, sur les deux chatons non-orange nés de la première portée française, me laissent songeur. Mais il est bien sûr plus facile de remettre la faute sur ceux qui ont donné leur avis sur photos. A se demander si Dione, première ambre tortie (et dont la vraie couleur est longtemps restée un mystère) ne se retournerait pas dans sa « tombe » en entendant certaines présomptions. Alors de grâce, faisons preuve d’un minimum d’humilité, s’il nous en reste. L'"expérience" dans les couleurs classiques n'épargnent sûrement pas de devoir apprendre autant sur le phénotype ambre que sur la sélection du standard des Norvégiens ambre.

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